Breizh de comptoir #1 : Publicités subliminales à la Une

Pour être un breton connecté digne de ce nom il va s’en dire qu’il est presque impératif de suivre les Fan Pages du Télégramme, du Ouest-France (et du Pays Malouin accessoirement pour mon cas). Entre deux faits divers, un jeu-concours, une actualité internationale, une info régionale, les Unes des journaux à paraître ou parues dans les kiosques s’affichent de temps à autre sur notre fil d’actualité.

 

Loins d’être les seuls à le faire et au-delà même de l’incitation à l’achat, on cherche ainsi à capter l’attention de l’internaute. Capter dans une sphère internet où les posts et les tweets se suivent à une vitesse folle. Quel est le nombre d’infos que l’ont voit passer chaque jour sur nos fils et quelle est la part de celles que l’on retient vraiment ? Pour survivre, la presse papier s’est convertie à la magie de l’Indbound Marketing. Laisser venir le lecteur en lui proposant ce qu’il recherche : une palette de sentiments avec du divertissement, de la colère, de la tristesse, du bonheur, de la curiosité, de l’information…

 

Dans un contexte difficile où les commerces des centre-villes peinent à survivre ; les kiosques à journaux et les Maisons de la Presse subissent le même sort. Avec une présence notable sur les réseaux sociaux et leurs versions numériques, les quotidiens et les hebdomadaires bretons ont pris le virage 2.0 avec succès. Cela étant vital pour leurs images, pour leurs survies économiques et pour que le plus grand monde puisse avoir accès à l’information. J’ose espérer qu’il s’agissait également d’accessibilité.

 

Pour les trentenaires que nous sommes, acheter le journal est anecdotique. Oh cela arrive parfois avant de prendre notre train pour tuer le temps et au cas où nous n’aurions plus assez de batterie sur nos smartphones. Il est aussi de coutume d’acheter la version papier suite à des événements tragiques ou à des exploits sportifs français. On l’ouvre pas forcément mais pour avoir la Une en souvenir.

 

Mais qui parmi nous achète t-il encore son journal tous les jours et l’utilise, une fois lu, pour y déposer ses épluchures de pommes de terres ? Comment faire comprendre à nos grands-parents que nous suivons l’actualité régionale avec assiduité sans jamais acheter le journal ? Et parfois même sans habiter en Bretagne ! Le fameux « Tu es au courant mamie que …? » Non ma mamie elle ne l’ai pas encore, le journal sortira demain et le lui annoncera avec 12 heures de décalage.

 

Alors que la nouvelle est likée, pleurée, commentée, sur-commentée par des anonymes qui se battent pour des idées éphémères, ma mamie, elle, savoure les nouvelles de la veille et lit lentement chaque page sans rien dire et sans lever son pouce. Elle aura juste un moment d’appréhension avant de parcourir la page des avis de décès et sera récompensée par une grille de mots casés. Un journal papier c’est précieux, ça s’apprécie, et ça prend du temps aussi. Nous, on n’a pas le temps. Enfin on ne le prend pas assez pour l’essentiel. On lit des posts et quand vraiment ça vaut le coup pour satisfaire notre palette d’émotions on clique et on lit l’article en scrollant.

 

Ma mamie qui dit fièrement acheter « Le Télégramme de Brest » et « L’Ouest-Eclair » a le temps de lire chaque article du journal alors qu’elle en a logiquement moins que nous devant elle. Alors non elle n’était pas au courant de la nouvelle qui fallait absolument savoir – et que si tu l’as pas vu tu es vraiment passé à côté de quelquechose – mais elle le sera demain et dans ses moindres détails ! Sommes-nous plus informés que ma mamie en suivant Ouest-France sur Internet ? Oui sûrement. Mieux ? J’en doute.

 

Mais peu importe les générations les Unes plaisent à tous qu’elles soient en version papier ou en version numérique. On aime les Unes et les gros titres.

 

Depuis les attentats contre Charlie Hebdo, les Unes sont devenues très virales sur Facebook et Twitter. Quelle sera la meilleure illustration en Une pour rendre hommage aux victimes des attentats par exemple ? Quelle est celle qui fera rire ou pleurer ? Le but étant que la Une soit à la hauteur de l’événement. D’ailleurs à se demander si les journalistes mettent plus de temps à trouver le titre de leurs feuillets qu’à écrire le contenu de leur article ? Je pense aussi aux journalistes web qui doivent satisfaire les experts en référencement …

 

Très bonne idée donc de poster les Unes sur les réseaux sociaux pour inciter à acheter ou pour susciter l’attention. Petit point de détail tout de même : aviez-vous remarqué que les encarts dédiés à la publicité sur les Unes n’étaient pas floutés ? Le Parisien, Le Monde ou l’Equipe postent très souvent leurs Unes sur les réseaux sociaux mais vierges de toutes publicités à contrario du Ouest-France, du Télégramme et du Pays Malouin. Même si elles ne sont pas si voyantes, cela pose question. La régie publicitaire monnaie t-elle cette apparition même furtive sur les réseaux sociaux ? Si l’on va plus loin, ils réussissent même à trouver une parade aux bloqueurs de publicités comme Ad Block et compagnie. Ceux qui ne veulent pas de pubs en ont quand même. Vous allez me dire qu’on remarque à peine les publicités et qu’on ne lit que les gros titres. Détrompez-vous et pensez aux images subliminales … Cela pose la question de l’achat d’encarts publicitaires uniquement sur les Unes numériques. Les régies y ont sûrement déjà pensé jusqu’à ce que Facebook empêche cette forme de publicité détournée. Sachez tout de même qu’il est impossible de sponsoriser les posts contenant les Unes puisque Facebook refuse la publicité sur les posts contenant plus de 20% de texte. 

 

En attendant comme les Unes sont postées par les rédactions, elles sont vouées à être republiées et à être partagées, j’ai récupéré certaines Unes sur leurs pages Facebook. Regardez bien : Mr Bricolage, Tercy-Levillain, But, La Pastourelle, meilleurtaux.com et Intermarché devraient me remercier de leur faire de la pub …

J’ai trouvé deux Unes sans publicité ci-dessous. Vous comprendrez que l’humain prend parfois le dessus quand la société se sent dépourvue. Ainsi, la présence social media de la presse va au-delà des intérêts purement économiques pour sublimer parfois nos sentiments. Mais ça fait déjà partie d’un tout autre débat ..

Très bonne semaine. 

Noémie

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